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  • Photo du rédacteurUgo Bessière

Le Projet Alimentaire Départemental est une partie de la solution pour reprendre la main.




Je voulais faire un petit focus sur le projet alimentaire que je sais d'intérêt pour notre assemblée : l’ancienne présidence Grosvallet en avait initié les premiers contours via l’action de Bernard Lebeau que je salue ; nous voyons que notre nouveau projet va continuer d’en nourrir les perspectives.


Le Vice-Président Jean-Luc Séchet vient de vous présenter, et je sais qu’il le fait avec conviction, les grandes lignes de ce que nous appelons en Loire-Atlantique un “projet alimentaire au service des territoires”.


Il ne vous aura pas non plus échappé que l’alimentation est un des piliers de la transition écologique. Je voulais partager avec vous deux principes, qui me paraissent fondateurs pour l’action publique :


1- Le président ce matin a parlé de faire avancer le territoire : je crois que c’est là toute la légitimité du projet alimentaire quand il aide à développer la transversalité et à sortir de l'action isolée.


Ces derniers mois, nous sommes allés à la rencontre des acteurs, et nous allons continuer. On voit bien que les difficultés des PAT ne s'arrêtent pas à la frontière du Pays de Retz ou celle de la Grande Brière. Que les producteurs, artisans, transformateurs, distributeurs, cuisiniers de Loire-Atlantique… ont besoin de faire système pour se réapproprier la chaîne alimentaire. A l’intérieur même de notre administration, l'alimentation implique de faire des ponts.


Nous comptons bien entendu sur tout le monde, majorité et minorité, chaque territoire doit prendre sa place et nous leur sommes ouverts. Mais il faut bien comprendre que ce projet n’est pas là pour supplanter les acteurs locaux, qui mènent leur barque en fin connaisseur, et c’est bien normal. Il a vocation à les fédérer, autour de valeurs communes et, dans le périmètre de nos compétences, à travailler les briques manquantes.


Grâce à la mobilisation des services, cela a été dit, une première étape sera franchie dès l’année qui vient avec le lancement d’un groupement de commandes.


Sécuriser notre maillage paysan, aller vers des pratiques durables et locales, redoter notre territoire en outils communs : cela ne se fera certainement pas sans l’engagement des acteurs locaux ; cela se fera sans doute plus facilement avec l’aide du département. Et pourquoi pas, quand ce sera le moment, inscrire ces politiques dans notre futur schéma de cohérence territoriale qu’a mentionné Jean Charrier ?


2- Je dirais même qu’il est désormais de notre devoir de le faire. Le Vice-Président parle de “sécuriser” notre alimentation, et il a raison.


On en parle peu, mais notre pays importe 21% de son alimentation, dont 50% de fruits et légumes, et jusqu’à 70% de la farine de son emblématique baguette. Cette incohérence se transforme vite en risque public quand 98% des denrées consommées par les grandes aires urbaines ne sont pas produites sur leur territoire !


Atténuer la dépendance de la Loire-Atlantique au pétrole et aux importations passe par la reconquête de notre subsistance alimentaire. Par ce projet stratégique, nous faisons le choix de re-territorialiser une alimentation saine et durable sur un territoire qui compte déjà de nombreux atouts.


Pour faire court, en répondant directement aux besoins locaux, on réduit radicalement le besoin de transport. En dessinant une agriculture saine et durable, on réduit les besoins en intrants. Les deux fournissent des emplois non délocalisables et des modèles de gestion plus économes.

Une illustration pour finir, qui témoigne ici encore de la nécessité d’animer nos politiques en transversalité et d'engager chaque territoire. A l'échelle du département, se sont 63 millions de repas qui sont servis chaque année en restauration collective. 63 millions d’occasions, en somme, de faire vivre nos agriculteurs dignement, et de faire de l’accès à une alimentation biologique et locale un droit effectif.


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