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  • Photo du rédacteurUgo Bessière

Défendre la tarification sociale des cantines c’est répondre à un double enjeu de justice sociale !


Ugo Bessière rappelle les enjeux fondamentaux liés à la restauration collective. L’ambition que les écologistes, ainsi que l’ensemble de la majorité départementale défendent pour l’alimentation des collégiens est au cœur de notre projet de mandat.




1- Le Vice-président Vincent Danis vient de montrer l’étendue des engagements éducatifs de notre collectivité au service des collégiennes et collégiens.

Nous avons été aussi collégiens, et je crois que tout le monde sera d’accord pour dire que la cantine a été un des moments importants de la scolarité.


2- Les enjeux n’ont pas changé. Vous le savez, partout l’obésité est en augmentation (avec les corollaires que l’on sait plus tard dans la vie : maladies cardio vasculaire, diabètes, cancer…).

Nos ados, en particulier, sont vulnérables. Du fait d’une neuroplasticité accrue, c’est à cet âge que leur cerveau imprime des mauvaises habitudes alimentaires, qu’on pourra par la suite garder toute la vie.


C’est donc dès ce moment de la vie qu’il faut agir.


C’est encore plus vrai pour les enfants issues des catégories populaires. D’après l’ANSES, ils consomment moins de fruits et légumes mais plus de viande transformée, de mauvaise qualité, et de soda. Et surtout deux fois moins de produits bio.


3- L’exclusion se vit donc aussi dans l’assiette, 3 fois par jour. On le sait, pour beaucoup d’ados, la cantine peut être le principal accès à un repas consistant et équilibré.


Via le fonds collégiens, le département est déjà attentif à préserver un cout modéré aux familles dans le besoin.


Nous avons les moyens d’améliorer notre politique. Comme nous l’avons fait avec le sport, une tarification facturée selon les moyens de chaque famille, dont la différence est assumée par la collectivité, c’est agir pour la justice sociale, un droit en République dont on entend malheureusement plus beaucoup parler !


A condition, bien sûr, d’y voir augmenter le nombre de produits de qualité, et je dis bien à cette seule condition.


4. Alors, où en est-on justement sur la qualité ?


Des dispositifs ont été enclenché sur les mandats précédents, grâce au travail des personnels et des services, des milliers d’élèves bénéficient déjà d’une part de produits de qualité et locaux dans leur assiette.


A octobre 2021, nous avons une moyenne de 29% de produits sous signes de qualité, dont 18% en bio. Une dynamique croissante, même si à ce stade une quinzaine de collèges sont dans les clous d’EGALIM.


  • Pour aller plus loin, nous avons des exemples pour nous inspirer. Des territoires pionniers, qui ont pris les risques avant les autres, ont montré qu’il était possible de passer majoritairement en bio et local, sans pour autant augmenter le cout repas, et tout en garantissant une tarification solidaire.

  • Nous avons aussi des outils supports en développement : appels à projets ecocert, défis alimentation, formations aux chefs, nouveau magazine culinaire, constitution du groupement d’achat départemental avec dans un premier temps une vingtaine de collèges.

  • Nous avons surtout les productions et les volontés politiques pour aller de l’avant. Je tiens ici à saluer l’ensemble des professionnels et des élus qui se sont engagés dans des démarches d’amélioration de la qualité des repas sur leurs territoires…

Je sais que la remise en question n’est pas facile, ce n’est en général pas le premier réflexe du psychisme humain. Je suis pour autant convaincu que c’est par l’expérience et la rencontre qu’on intègre le changement, plus que par la théorie ou l’injonction descendante. Sans se frotter à la réalité de l’autre, comment un agriculteur et un cuisinier pourrait ils se comprendre ? Aucune politique ne peut réussir en faisant tenir ensemble des inconnus.


Peut-être nous faut-il encore améliorer ces liens, à nous, sur nos territoires, d’être ces faiseurs de rencontres.



5- Vous l’aurez compris, l’alimentation, plus qu’une cantine, est un véritable choix politique.


Dans nos sociétés numérisées qui laissent de moins en moins de place à la rencontre véritable, le repas est un espace pour côtoyer l’autre.

Dans nos sociétés perfusées aux importations fossiles extérieures, l’alimentation est une arme de relocalisation massive.


Nos jeunes doivent le savoir.


J’en finirai là-dessus, car c’est aussi important que le reste, nous sommes à 28% de produits locaux. Là aussi il nous faut continuer d’avancer. Les volumes des cantines sont un levier de poids pour garantir des débouchés à nos agriculteurs et agricultrices, en particulier les nouvelles générations qui s’installent.


Faire local, c’est aussi remettre les pieds sur terre, faire sentir aux élèves que l’aliment ne sort pas de nulle part, qu’il vient d’un sol, cultivé par des passionnés dont le métier nous est essentiel.

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