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  • Photo du rédacteurUgo Bessière

Sécurité alimentaire durable : atouts et défis en la Loire-Atlantique

Le maintien d’une production diversifiée et durable sur notre territoire ainsi que l'accès à une alimentation de qualité pour tous sont les deux faces d'une même pièce de notre projet alimentaire.



À travers sa présentation le VP a développé deux défis :

1/ Celui du maintien d’une production diversifiée et durable sur notre territoire via le renouvellement agricole et la protection foncière ;

2/ Celui de l’accès à alimentation de qualité pour tous, notamment au sein de la restauration collective


Ils forment les deux faces d’une unique et même pièce, l’un ne tient pas sans l’autre. C’est là le principal message que nous portons via le PAD auprès des territoires. Mais c’est aussi un message que je sais partagé par l’ensemble de nos cantons, puisque 15 EPCI sur 17 sont aussi engagés dans des PAT.


Ce PAD nous avons déjà détaillé son contour lors de la session précédente, je voudrai cette fois-ci vous parler de notre territoire, la Loire-Atlantique.


Sur internet, un petit groupe d’ingénieurs bien avisés a développé un outil numérique qui permet de calculer la résilience alimentaire par territoire. En un clic, on peut ainsi s’informer sur le diagnostic de son territoire, mesurer ses forces et ses faiblesses.


Je vais vous faire gagner quelques heures, et vous livrer les résultats pour la Loire-Atlantique. Vous allez voir que le tableau n’est pas si noir, avec deux bonnes notes et deux moins bonnes :


1/ Le 1er enjeu, d’abord, l’adéquation entre production et besoins locaux, appelons cela autosuffisance alimentaire, une note de 9/10


A alimentation variée, on obtient un taux de couverture de 89% (120% alimentation non variée), c’est-à-dire que hormis quelques secteurs déficitaires, nous bénéficions d’une production locale quasi suffisante pour couvrir les besoins du territoire :

  • Des productions céréalières et fourragères en surproduction

  • Des manques sur les oléo-protéagineux et les fruits et légumes

  • Sujets sur lesquels il nous faudra travailler


Notre héritage en polyculture élevage nous sauve, on lui doit beaucoup, nous sommes le seul département littoral et comprenant une grande aire urbaine qui s’en sort correctement. Tous les autres territoires avec métropoles sont déficitaires. Si l’on zoome on voit naturellement que c’est au niveau des grandes aires urbaines de Nantes et St-Nazaire que ça coince le plus.


Là encore, on voit tout l’intérêt de l’alliance et du dialogue entre territoires, partagée hier par l’ensemble des élus puisque les 3 groupes, à travers la voix de Chloé, Jean Charrier et M. Besnier, se sont prononcés pour.


2/ Ensuite, les pratiques agricoles respectueuses de l’environnement, une note de 7/10


Cela tient essentiellement à notre part de SAU en bio (18%, deux fois la moyenne française) : en gros on a moins utilisé de pesticides, donc on a moins abimé nos sols et on est moins dépendant des importations d’intrants que d’autres territoires.


Par contre gros bémol sur la biodiversité, des efforts restent à fournir pour développer des pratiques agricoles moins préjudiciables, notamment pour préserver la ressource en eau (exemple Sèvre) : nous sommes invités à mieux préserver et restaurer les infrastructures à intérêt agroécologique dont parlait Jean Charrier ce matin (un gros mot pour dire les haies, les arbres, les lisières, les prairies, zones humides). Si celle-ci est assurée en partie par la diversité de nos cultures, nous devons booster les pratiques extensives et les techniques agroécologiques.


Ici nous sommes dans le peloton de tête avec les départements du sud et du sud-est, le reste du pays étant dans une situation assez catastrophique. Au local, le nord-est et le sud-est du département sont notamment en difficultés.


Après les bonnes nouvelles, les mauvaises nouvelles :


3/ d’abord, le nombre d’actifs agricoles, une note de 3/10 : plus faible que la moyenne nationale et, plus préoccupant, en déclin.


Le nombre de chef d’exploitations a chuté de -60% (seule période 1988 à 2010). Cette tendance va se confirmer du fait des départs à la retraite (plus de la moitié des actifs restant ont plus de 50 ans).


Les actifs qui partent n’étant pas remplacés, on assiste mécaniquement à une diminution des fermes qui vont à l’agrandissement (-65%) et la surface moyenne des fermes ayant triplé.


Nous sommes un des départements français les plus en difficultés, en dessous de la moyenne nationale, même si cette fois-ci le nord du département et le sud-est s’en sortent mieux.


4/ Le dernier enjeu, c’est la question foncière, une note de 4/10


On l’a dit et redit, notre rythme d’artificialisation est au-dessus de la moyenne nationale, et nous savons tous les efforts à fournir, seules les aires autour de Blain, Nozay, et Chateaubriand s’en sortent mieux.


C’est un axe dont souhaite s’emparer le VP : la politique de préservation des terres doit être renforcée, nous allons devoir nous battre pour éviter un rétrécissement fatal de notre maillage paysan ancestral. Oui, Yannick, il faut soutenir les maires qui prennent des risques comme la commune de Pont St Martin.


Voilà, si on fait le calcul, on tombe sur une moyenne de 5,7/10 : sans dogmatisme, et en concertation avec les territoires, c’est à partir de ces chiffres, que nous devons agir.


Agir, même si les freins sont bien là :

  • Des compétences restreintes, alors que la transition se joue d’abord à l’échelle de nos communes et nos collectivités locales ;

  • Un gouvernement qui fait le choix d’une promesse strictement technologique à nos agriculteurs, qui aura pour effet, je le pense réellement, d'accentuer encore plus la vulnérabilité exposée plus haut.

En dépit de ces freins, nous avons notre part à prendre pour que, petit à petit, un récit s’impose : celui que vous propose le VP mais qui se dessine aussi sur les territoires : la reterritorialisation d’un système alimentaire durable sur le long terme.

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