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  • Photo du rédacteurUgo Bessière

Un revenu de solidarité ouvert aux jeunes de moins de 25 ans.

En expérimentant un revenu de solidarité ouvert aux jeunes de moins de 25 ans le Département est précurseur en matière de nouvelles solidarités et contribue à répondre à la crise sociale.


En préalable je voudrais clarifier une chose. L’amalgame opéré à dessin par la minorité entre Union de la gauche - dont le travail programmatique a contribué à redonner espoir, via un rééquilibre de la redistribution sociale et l’intégration des risques écologiques dans les politiques publiques - et une extrême droite identitaire, me gène profondément.


Oui je suis jeune, et je vous rassure il ne saute pas aux yeux que je sois dangereux pour la société. Comme vous, je suis engagé en politique, et si je suis loin d’être « extrême », je suis en tout cas extrêmement soucieux et engagé pour les habitant.e.s, le territoire, et le pays.


Le groupe écologiste a conscience que nous vivons un moment important aujourd’hui. Ce rapport soumis à notre approbation démontre l’esprit d’engagement et de responsabilité dont parlait Chloé et le président en ouverture.


La pauvreté fait ses principales victimes parmi la jeunesse. Si nous, élu.e.s du Département, en sommes facilement conscient.e.s au vu des publics que nous accompagnons, la société en a également largement pris la mesure lors des confinements de 2020.

Les queues d’étudiants sollicitant l’assistance alimentaire resteront gravées dans les mémoires.


Elles témoignent d’une injustice criante sur laquelle repose notre système de solidarité nationale. La majorité sociale ne s’acquiert qu’à 25 ans.


Là où la plupart des adultes peuvent bénéficier de diverses aides et notamment d’un revenu garanti de subsistance, les plus jeunes sont contraints de vivre aux crochets de leur famille et tant pis s’ils n’en n’ont pas, plus, ou sont en conflit avec elle.


Nous savons que la main qui donne se situe au-dessus de celle qui reçoit. Il ne s’agit pas de faire la charité, ou de se donner bonne conscience. Il s’agit de rééquilibrer les couloirs d’une piste d’athlétisme dont la ligne de départ n’est pas la même pour tout le monde. Nous ne sommes pas là pour “assister”, cela voudrait dire que nous ne croyons pas en elles et eux. Nous sommes là pour faire vivre l’égalité, mais aussi la liberté, faire en sorte de permettre au plus grand nombre d’exercer une responsabilité par la possibilité du choix.


Nous le faisons vivre via la politique insertion, mais aussi en transversalité, par exemple avec nos éducateurs et éducatrices sportifs.ves.


Venons-en aux procès en assistanat : pour comparaison, le montant d’aides public touché par le secteur privé a augmenté 3 fois plus vite que les aides sociales, et personne ne parle ici d’assistanat.


Et ne croyez pas qu’il soit facile de demander de l’aide. Je l’ai senti sur le terrain. La dignité est une digue qui ne saute pas facilement. Si vous en doutez encore, sachez que 40% des personnes au RSA ne sollicitent pas leurs aides, et que 10 milliards € restent dans les caisses de l’Etat chaque année.


Attention à ne pas véhiculer plus qu’elle ne l’est déjà l’idée suspicieuse selon laquelle « le pauvre profite », les chiffres montrent tout le contraire. Celui ou celle qui estime pouvoir se passer d’aide, ne serait-ce qu’une fois dans sa vie, que ce soit celle d’un ami, d’un proche, ou de la République, est plus proche du super-héros marvelien que de l’humain.


C’est un fait, les jeunes sont plus durement touchés. Je pense par exemple aux jeunes majeurs ayant été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, privés de famille par les hasards du destin, et privés de solidarité nationale à partir de leurs 18 ans.


Je pense aux jeunes en rupture familiale, parce que leurs choix de vie sont rejetés par leurs parents, parce qu’ils s’échappent de familles toxiques. Pour ces jeunes, le Département tiendra bon dans ses valeurs et je suis sûr que ce sera partagé dans cet hémicycle.


Nous n’avons pas la possibilité de nous suppléer à l’État et d’étendre effectivement le RSA aux majeurs de moins de 25 ans. Nous n’avons pas non plus la possibilité de mettre en œuvre un revenu universel d’existence dont les modalités et le financement mériteraient d’être débattus par la représentation nationale, notamment pour accompagner vers la transition écologique.


Mais nous pouvons faire à notre niveau. C’est ce que nous faisons aujourd’hui en mobilisant les moyens à notre disposition. Notre dispositif n’est peut-être pas parfait. Il ne suffira probablement pas à éradiquer la pauvreté des jeunes adultes. Mais il soulagera chaque année des centaines de personnes qui en ont bien besoin.


Nous avons totalement confiance en Messieurs notre président et notre vice-président pour porter, avec les autres collectivités engagées, un front des collectivités solidaires, qui appelle le gouvernement à ses propres responsabilités.

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