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  • Photo du rédacteurLaurent Dubost

Gaza : cessez-le-feu !

Session budgétaire 25 mars 2024


Depuis le 7 octobre 2023, le débat sémantique fait rage dans l’espace politique. Dans un premier temps, il était nécessaire de qualifier les actes du Hamas sur le territoire israélien. Nous, écologistes, n’avons pas tergiversé : il s’agissait d’actes terroristes d’une barbarie rare.  

Tout comme nous n’avons cessé de demander la libération des otages détenus par le Hamas.  

Tout comme nous avons appelé dès le mois d’octobre à ne surtout pas faire l’amalgame entre les juifs en général, les Français de confession juive et les actions du gouvernement israélien.

 

Depuis les représailles d'Israël nous n’avons pas hésité non plus à qualifier les faits : des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité sont en cours à Gaza.  

 

Ce débat est particulièrement difficile sachant ce qu’ont vécu les juifs d’Europe pendant la Shoah et à quel point cela a marqué l’histoire de l’humanité et en particulier de l’État d’Israël. Nous refusons les surenchères de certains comme nous n’acceptons pas les œillères d’autres. Selon nous, ce qui doit guider notre analyse est simple : courage politique, lucidité et respect du droit international.  

 

Le 14 janvier, la Cour Internationale de Justice a relevé un “risque réel et imminent de génocide à Gaza”. En s’apprêtant à lancer son offensive sur Rafah, dernier refuge pour plus d’un million de Palestiniennes et Palestiniens déplacé·es dans une zone de 60 kilomètres carrés, le gouvernement Israëlien de Benyamin Nétanyahou semble toujours plus proche de ce que les juges de La Haye pourraient un jour qualifier de génocide.  

 


Rappelons que, selon la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948, ce crime est défini par des « actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux », notamment en « tuant des membres du groupe » et en « soumettant délibérément le groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ».

Selon le droit international, un génocide se définit donc par la matérialité des crimes et par l’intention de ceux qui les commettent.  
La matérialité des crimes israéliens est indiscutable après presque six mois de guerre.

Plus de 30,000 Palestiniennes et Palestiniens ont été tué·es, dont 25 000 femmes et enfants. Plus de 50 % des habitations de Gaza ont été détruites ou endommagées. Plus de 1,7 million de Palestinien·es ont été déplacé·es de force. L’armée israélienne a attaqué - délibérément - des journalistes, du personnel médical, des écoles, des lieux de culte, des hôpitaux, des infrastructures énergétiques. Comme le soulignait Chloé en introduction de cette séance, les enfants sont massivement victimes des bombardements et de la stratégie de déplacement de population et de famine orchestrée par l’armée israélienne. 

Le blocus et la limitation de l'assistance internationale qu’elle soit alimentaire ou sanitaire, ont créé une situation de catastrophe humanitaire d’une ampleur inédite qui pourrait entraîner à très court terme des dizaines de milliers morts de maladie et de faim. 70 % des ménages consomment de l’eau salée ou contaminée. Plus de la moitié de la population gazaouie est en situation d’urgence alimentaire, et plus du quart en situation “catastrophique” selon les organisations internationales (IPC). 

 

Dans ce contexte, constatant notamment que le gouvernement israélien ne répond pas aux injonctions de la CIJ ou de l’ONU, la France est dans l’obligation d’agir.  

 

Agir pour stopper un potentiel génocide implique un changement radical et urgent de méthode et de discours. A la veille de l’offensive sur Rafah dont les conséquences pourraient être apocalyptiques, les nations occidentales se doivent de réagir avec force et courage.   

 

Aussi, nous réitérons nos demandes auprès d’ Emmanuel Macron : Monsieur le Président, ne rendez pas la France complice des crimes commis par le gouvernement d'Israël.

Décrétez immédiatement un embargo sur les ventes d’armes et l’ensemble des matériels et composants militaires que la France fournit encore à Israël. Rappelez l’Ambassadeur de France, adoptez des sanctions économiques et agissez auprès de vos partenaires européens pour que l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël soit suspendu. 

Exigez l’entrée des enquêteurs de la Cour Pénale Internationale dans Gaza afin de documenter et préserver les preuves des crimes qui y sont commis.

Osez reconnaître, enfin, l’État palestinien de manière unilatérale, comme l’Assemblée nationale et le Sénat l’ont d’ailleurs voté. 139 pays l’ont déjà fait !  

 

Nous pensons et nous en serons tous d’accord qu’“on ne peut prétendre défendre sa liberté et sa dignité par des actes ignobles” 

 

La France et l’Union européenne disposent de leviers concrets pour exercer une forte pression sur le gouvernement Netanyahou afin d’obtenir un cessez-le-feu durable et l’ouverture de négociations de paix.  

Afin de faire cesser sans délai l’horreur indicible de ce génocide en cours à Gaza. 

 


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