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  • Photo du rédacteurChloé Giradot-Moitié

Dissolution : l'espoir renaît face à l'extrême droite et la macronie !

Session décision modificative 25 juin 2024


Chloé Girardot-Moitié ouvre la session de décision modificative du 25 juin 2024 en rappelant le contexte politique de la France depuis le 9 juin dernier.





Bonjour à toutes et tous, Monsieur le Président, mes chers collègues, ce n'est pas facile de prendre la parole ce matin. Nous sommes, je crois tous sous le choc des des résultats des élections européennes, de cette annonce de dissolution et du fait que nous avons la possibilité d'avoir l'extrême droite au pouvoir.


Nous sommes sonné·es. On peut être dans le déni, peut être paralysé. Certains déploient toute leur leur énergie dans cette campagne. Je voulais vous donner ici pas une une analyse, mais quelques éléments de réflexion, puis aussi des interrogations. En en Loire Atlantique, le Rassemblement national est arrivé en tête avec 23% des votes. En tête aussi dans de nombreuses villes, à La Baule, Pornichet, Guérande, Pornic, Châteaubriand, Ancenis ou Machecoul.


La roue gauche a réussi à résister en s'imposant à Saint-Nazaire et dans la métropole nantaise. Elle résiste plus que dans dans d'autres territoires. Je pense que évidemment ça interroge, mais qu'il nous faut éviter une condamnation morale de ces électeurs, oui, il y a du racisme et ce serait dangereux de de disqualifier l'ensemble de ces électeurs.


Ce n'est pas qu'un vote contestataire et on a besoin d'écouter la souffrance sociale quand on fait du tractage ou du porte à porte et qu'on interroge les électeurs, ce qu'on entend ce n'est pas du racisme, même si on l'entend aussi, c'est beaucoup le fait de dénoncer le tous pourris, une classe politique pourrie, l'impossibilité de boucler ses fins de mois. Un sentiment de déclassement, d'abandon. Le fait de dire « on a tout essayé finalement, pourquoi pas à eux ? » Faut quand même reconnaître que le racisme progresse, on l'entend de manière beaucoup plus décomplexée. Il est peut être plus présent qu'on peut le penser. L'image du du tonton raciste, on voit bien qu'il est aussi contrecarré par le fait que on a quelque chose de plus généralisé. C'est le cas quand on sait que, par exemple, un candidat au nom français a plus de 50% de chances d'être rappelé par un un employeur. Et on sait que les les heures de diffusion des émissions de Bolloré ne sont évidemment pas sans effet. Notons au passage que plusieurs de ces éditorialistes sont aujourd'hui investis dans des circonscriptions par le Rassemblement national.


Beaucoup de chercheurs ont travaillé sur la montée du Rassemblement national et si nous avons souvent pensé et répété assez fièrement que la Loire atlantique était relativement épargnée, nous allons devoir travailler pour comprendre les ressorts de ce vote et comment y répondre. C'est un défi qui ne s'arrêtera évidemment pas le soir des élections législatives et que nous pourrons d'ailleurs mener collectivement avec l'ensemble des élus républicains. Je dois dire néanmoins que ce travail est rendu nettement plus difficile quand un pompier pyromane s'est amusé à détruire nos repères.


Le 7 mai 2017, pourtant, le président élu grâce au barrage républicain avait fait cette promesse « j'ai conscience que ce vote m'oblige ». Depuis, les digues ont cédé les unes derrière les autres. La loi immigration bien sûr, le fait de laisser les clés des médias à Bolloré. Une apothéose pendant cette campagne électorale avec en prime time un duel Bardella Attal qui légitimait. Le candidat Rassemblement national au niveau du Premier ministre, le fait de prétendre clarifier une situation tout en se déclarant ravi d'avoir balancé une grenade dégoupillée dans les jambes des partis politiques. Notons au passage que cette déclaration a été faite à l'occasion du temps de commémoration du massacre d'Oradour sur Glane. Ce sont aussi ces éléments de langage répétés à l'envie par les candidats renaissance qui mettent au même plan l'Union de la gauche et l'extrême droite.


Ceux qui s'indignent parfois légitimement des outrances de quelques-uns réalisent ils vraiment la dangerosité de leurs propos ? Réalisent-ils qu'ils contribuent à une perte de repères pour les Français et à la légitimation de l'extrême droite ? C'est aussi enfin ces dates d'élections qui ne permettent pas à tous les partis de se représenter, qui ne laisse pas le temps au débat. Le Président a trahi la confiance du peuple en ouvrant grand les portes à l'extrême droite. Cette possible arrivée de l'extrême droite au pouvoir me donne le vertige. Le cerveau n'arrive pas à enregistrer cette information. Hier, Jordan Bardella, en annonçant son programme, parlait notamment d'exclure les binationaux de de certains métiers. Alors je pense à mon amie Myriam Franco marocaine. Je pense à ma famille, à ma mère hongroise. Je pense à toutes les Français et les françaises issu·es de cette richesse culturelle et qui nous apporte tant. Et cela me terrifie, mais je crois, dans toute crise, ouvre la possibilité d'un espoir, d'un sursaut. Ce sursaut, je l'espère et je pense que toutes et tous ici présents pourront et auront à cœur d'y contribuer.


Pour la gauche, cette crise a donné lieu à un électrochoc et en quelques jours, nous avons réussi à avoir une union de tous nos partis politiques et un programme. Un élan très fort avec aussi le soutien des syndicats, des associations, associations de défense des droits et des libertés, de lutte contre les discriminations, de protection de l'environnement. Sur le terrain, on constate aussi un afflux de militants, des jeunes qui s'engagent. C'est prometteur, ça donne de l'espoir. Et cet espoir, c'est aussi, pour les Français et pour la la conduite de nos politiques publiques. On le voit bien, les départements s'enfoncent dans la crise et nous luttons pour répondre à cette urgence sociale. Cette fragilisation des fragiles n'est plus possible. Cette situation n'est plus soutenable, plus digne de notre pays et je pense ici particulièrement à la situation des enfants. Le nouveau front populaire, c'est l'espoir d'une vraie politique de gauche qui place les solidarités au cœur de nos défis sociaux, économiques et écologiques. Nous en sommes capables et nous y parvenons sur le terrain dans de très nombreuses collectivités.


Ces derniers temps, une citation d'Albert Camus a souvent été reprise « quand une démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet, mais ce n'est pas pour prendre de ses nouvelles ». Quels que soient les scénarios, nous aurons le devoir d'être intransigeants face à l'extrême droite et de réparer la démocratie. Je l'évoquais tout à l'heure, il va falloir comprendre pour pouvoir réparer. Et 2 exemples m'ont frappé dans notre département. Au Vallon de l'Erdre, les quiproquos entre des électeurs RN qui invoquent un accueil massif de migrants et le maire qui ne comprend pas, qui ne dit que ça ne correspond pas à une réalité. Des inquiétudes par rapport à l'emploi quand les entreprises disent qu'elles ont des difficultés à recruter, comment regagner comme le dialogue, comment réussir à converger dans une réalité commune ? Mais c'est aussi cette habitante, à Ancenis, qui avait souffert de l'impossibilité de pouvoir amener son enfant à l'hôpital, qui avait été reçu par Rémy dans son conseil municipal, accueilli par le député Jean-Claude Raux qui portait une initiative transpartisane dans la lutte contre les déserts médicaux.


Qui a vu à quel point les élu·es étaient au combat et ces élu·es et qui aujourd'hui annoncent voter RN ? Ce sont des exemples qui nous interpellent, qui nous déboussolent dans notre compréhension de ce qu'il faut faire. Néanmoins, il sera important, comme le disait le président tout à l'heure de mieux démontrer comment nos politiques et nos actions sont au service des habitants et évidemment de protéger le cadre institutionnel du régime républicain. De veiller à l'État de droit, respecter les corps intermédiaires, veiller à l'équité du débat public et lui donner toute sa place. C'est, je crois, des efforts qui seront partagés dans cet hémicycle. Nous nous y emploierons et c'est également le sens à court terme, le sens du vœu que notre groupe présentera lors de cette session. Je vous remercie, merci.

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