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  • Photo du rédacteurLouise Pahun

En 2024, la priorité pour le socio-sport

Session budgétaire 25 mars 2024


Louise Pahun présente le budget 2024 des Sports solidaires, responsables et activités de pleine nature.



On parle beaucoup des valeurs du sport, surtout aujourd'hui. Quoique l'on en dise, intrinsèquement, le sport n'a aucune valeur. Le sport est un phénomène sociétal, qui existe depuis des siècles et qui peut :

  • Ou bien agir pour le bénéfice des individus et de toute une société.

  • Ou bien être traversé par des dérives au détriment des personnes et de notre lien social.

 

Avec le sport, tout peut advenir : le pire comme le meilleur. C'est à chacun et à chacune d'y mettre du sien pour que le meilleur advienne.

C'est à nous de remplir le sport des valeurs qu'on aime à lui prêter : celles d'inclusion, d'égalité, de cohésion ou d'émancipation.

 

C'est le rôle des collectivités qui sont en France les principales financeuses du sport. Nous remplissons pleinement ce rôle en Loire Atlantique. Ici, au Conseil départemental, nous faisons du sport et nous y mettons les valeurs et les ambitions de notre projet politique.

Je suis donc heureuse de vous présenter notre conception du sport dans ce rapport, un sport qui ne se pratique pas seulement une fois dans l'année, au hasard d'un grand événement, mais bien d'un sport qui se pratique tous les jours et pour le plus grand nombre.

 

Et je vais vous parler en 1er lieu du sport solidaire et inclusif que nous portons dans cet exécutif. Nous sommes la collectivité du social par excellence. Claire Tramier, Jérôme Alemany, Lyliane Jean et Ombeline Accarion le savent et y travaillent au quotidien ainsi que les autres conseillers départementaux.

 

Pour la politique du sport en faveur des PSH, nous renforçons notre accompagnement en 2024 en lançant notamment le programme "Mon club inclusif" qui a vocation à rayonner sur l'ensemble du territoire. Mon club inclusif c'est permettre au parasportif de trouver son club à proximité de son lieu de vie et de permettre aux clubs sportifs d'obtenir des outils pour être à l'aise dans l'accueil de ces personnes.

En 2024, nous poursuivons bien sûr notre politique en faveur du sport au féminin avec le maintien de l'ensemble de nos actions dont celles du dispositif "sport et femme, gagnons du terrain".

En 2024 plus particulièrement, nous nous attachons à sensibiliser les habitants au formidable combat de notre local de l'étape : Alice Milliat. Elle fut la 1ère ! Une véritable aventurière qui a tenu tête au baron de Coubertin qui refusait que la compétition olympique soit ouverte aux femmes. Et elle est nantaise ! Notre travail autour d'Alice Milliat s'adresse tout particulièrement aux collégiens et collégiennes. Plusieurs milliers d'élèves y ont été sensibilisés déjà à travers des rencontres avec nos athlètes, nos sportives en préparation des jeux, le documentaire consacré à Alice Milliat "Les Incorrectes" ainsi qu'une très riche exposition aux archives départementales : le sport, toute une histoire.

Afin que l'argent public dépensé bénéficie autant aux femmes qu'aux hommes, nous avons conjointement entamé une démarche de réflexion autour d'un budget sensible au genre avec Myriam Bigeard et sa direction.

Notre sport au département vise aussi à lutter contre les violences physiques et sexuelles.

Le travail récent de la commission d'enquête sur les dysfonctionnements dans le sport, menée par la députée écologiste Sabrina Sebaihi ainsi que le rapport de la CIIVISE a démontré l'insupportable ampleur du phénomène. Nous continuons nos efforts dans cette direction en nous appuyant sur des acteurs clé ainsi que sur les professionnels de la cellule départementale de prévention, de lutte contre les incivilités, les violences et les discriminations, cellule pilotée par les services de l'Etat, au niveau départemental.

 

Le sport pour le plus grand nombre, c'est bien évidemment avec le mouvement sportif que nous y travaillons. Sans l'énergie et la passion des bénévoles des comités sportifs départementaux, nos actions résonneraient beaucoup moins fort. En 2024, le pacte de coopération, qui nous lie au mouvement sportif, ainsi que les formations proposées aux bénévoles, vont se poursuivre.

 

Vous le savez, nous sommes la collectivité du social par excellence.

 

Dans la politique sportive, la solidarité est notre boussole et nous marquons une attention poussée aux publics prioritaires, celles et ceux qui sont en situation de fragilité sociale. On le fait déjà pour corriger les inégalités sociales dans l'accès au sport : effectivement, quand on est un enfant de l'ASE, quand on est précaire, quand on est âgé, quand on est en situation de handicap, je rajouterai, quand on est une femme : on accède moins au sport que la moyenne.

 

Ici, il vaudrait même mieux que je parle d'activité physique plutôt que de sport, parce que le vocable "sport" est déjà une barrière pour certains.

Notre politique sportive vise aussi au bien-être et à l'émancipation. Les actions sont nombreuses sur notre territoire, laissez-moi vous en citer quelques-unes :
  • Il y a les séances d'escalades pour les femmes qui ont été victimes de violences conjugales dans la délégation de Châteaubriant.

  • Les séances "En corps en jeu" où les allocataires du RSA reprennent confiance et se remobilise parfois vers l'emploi dans la délégation de Nantes

  • Les journées du sport senior dans la délégation du Vignoble et d'Ancenis

  • Les séances de handi-surf dans la délégation du pays de Retz

  • Les séances de vélo à l'ESAT dans la délégation de Saint Nazaire

 

Ce sport à vocation sociale, il s'accomplit tous les jours grâce aux équipes de l'ASD.Et je tiens ici à les saluer.

J'ai eu l'occasion de rendre visite aux éducateur-ices de l'ASD des 6 délégations du département et je peux vous dire à quel point ces professionnels accomplissent un travail de qualité. La moitié de leur temps est consacré à la proposition sportive pour les enfants des communes de moins de 12 000 habitant-es. L'autre moitié est consacrée au développement de projets que je viens d'évoquer.

 

Les équipes de l'ASD se sont pleinement approprié le projet politique et elle l'investissent sur leur territoire. Je dois même vous avouer que j'ai été époustouflée par l'inventivité et la qualité des projets, qui m'amènent même à poser un regard enrichi et différent sur la politique du sport impulsée depuis la direction.

 

En 2024, l'ASD continuera à faire la fierté de notre département et à maintenir sa réputation sportive. En 2024, nous approfondissons notre soutien à la construction et réhabilitation des équipements sportifs qui bénéficient aux élèves des collèges, mais également au tissu associatif local. En 2024, nous poursuivrons aussi nos actions en faveur du sport santé.

 

A juste titre ! nous faisons face à une augmentation inquiétante des problèmes de santé : les cancer, le diabète, la dépression, les maladies cardio vasculaire.

A l'origine de ces maux, on trouve parfois le problème de sédentarité. Et oui ! Nous bougeons moins et c'est même inquiétant à quel point l'état de santé de nos jeunes se dégrade. Le développement massif des écrans y est pour quelque chose et j'avais déjà eu l'occasion de vous dire ici en session qu'un enfant de 2 ans passe en moyenne 56 minutes devant un écran par jour. A 11 ans, c'est 3 heure.

La bonne nouvelle dans tout ça, c'est qu'il existe un médicament universel : le sport. S'il ne peut pas guérir tous les maux, on sait quand même que le sport permet de mettre certaines personnes, certains malades, sur le chemin de la guérison. En tout cas, il ne peut pas faire de mal.

C'est ainsi que le sport a été décrété "Grande Cause Nationale" par la ministre il y a quelques jours. C'est une bonne nouvelle. Qui aurait été excellente si l'Etat avait accompagné ses annonces par un financement : en autorisant par exemple le remboursement sur ordonnance médicale des séances d'APA.

 

Quelle ironie quand même d'annoncer la même semaine le lancement de la grande cause nationale pour une nation sportive et la réduction du budget du ministère des sports de 50 millions d'euros. Ce ne sont pas les Jeux de Paris 2024 qui seront touchés dans cette amputation de crédit, mais bien le sport du quotidien et des scolaires.

 

Comme toujours, nous autre collectivités feront de notre mieux. Nous poursuivons donc notre accompagnement financier pour le développement et la pérennisation des maisons de sport santé sur le territoire tout en participant à l'animation de ce sujet.

Mais dans la situation de difficultés budgétaires dans laquelle nous nous trouvons, nous avons dû prévoir quelques diminutions. Ce choix n'en est pas un, c'est le résultat d'une contrainte et c'est à regret que nous devons diminuer notre accompagnement financier  aux manifestations sportives ainsi qu'au sport de haut niveau.
  • Pour ce qui concerne le sport de haut niveau, qu'il soit amateur ou professionnel, la baisse s'établit à 15% en moyenne sur le budget 2024. Et je voudrais particulièrement saluer les clubs qui ont entendu les difficultés du département et compris nos décisions.

Avec les clubs de haut niveau, nous travaillons bien. Nous sommes heureux lorsqu'ils nous accompagnent dans les séances sportives de l'ASD en territoire rural notamment. Ce sont des rencontres inspirantes pour les enfants.

Par ailleurs, dans le haut niveau, il y a aussi les athlètes de notre département en préparation pour les Jeux de Paris : c'était hors de question de les lâcher ! Nous poursuivons donc notre accompagnement financier. Ils et elles sont une petite quarantaine et depuis deux années, nous les voyons toutes les semaines intervenir en collège pour parler de leur parcours aux élèves.

 

  • Pour ce qui concerne les manifestations sportives, la baisse s'établit également à 15% en moyenne avec la volonté forte de ne pas réduire les "petites" manifestations : celles de taille plus modeste qui résonnent partout, tous les week-end, dans notre département. L'autre volonté a été de ne pas effectuer de baisse dans notre soutien aux compétitions féminines ainsi que parasportives.

 

Je profite de ce passage pour saluer la présence indéfectible et le travail d'Hervé Corouge dans notre soutien aux manifestations sportives ainsi qu'au haut niveau.

 

En 2024, il restera la Solitaire du Figaro.

 

Il est vrai que cet événement occupe une part importante de notre budget : c'est 500K/édition. En cette période de crise, c'est encombrant, mais c'était 1 million avant qu'elle ne soit divisée de moitié l'année précédente. Un contrat nous lie à la course jusqu'en 2026. Nous retirer de ce contrat nous amène à payer des pénalités dont le montant serait équivalent à la tenue de l'événement. Il y aurait aussi les marges de bénéfices nets non réalisées par les organisateurs à payer. Alors la Solitaire va rester et nous allons nous employer à lui donner la couleur de nos politiques publiques : c’est-à-dire, notre vocation sociale en rapprochant nos publics prioritaires à cette grande course au large qu'est la Solitaire. Nous avons déjà travaillé dans cette perspective à Piriac et cette édition fut un beau succès. Nous continuerons à œuvrer dans ce sens pour les éditions à venir, la prochaine sera à La Turballe.

Je voulais aussi vous signaler que le village de la Solitaire a obtenu un label "ecoresponsable" (du réseau des événements éco responsable) dont nous pouvons être fier car l'aura de cet événement aura une influence sur d'autres événements sportif

 

La transition est toute trouvée pour vous parler de l'autre grand axe de la politique sportive : l'éco-responsabilité et le sport de pleine nature

 

Face à l'immense défi de ce siècle qui est de répondre à l'urgence environnementale, notre politique sportive s'engage pour accompagner les acteurs à décarboner leur pratique.

Concrètement, cet engagement voit le déploiement de formations au sport éco-responsable à l'égard du mouvement sportif mais cet engagement est aussi le soutien à des associations clés sur le territoire, je pense notamment à SupporTerre, la ressourcerie du sport.

 

Enfin, dans l'axe des sports de nature :

Le département continue à animer le plan départemental des espaces sites et itinéraires ainsi que la CDESI, la commission départementale des espaces sites et itinéraires dans laquelle nous avons initié deux grandes thématiques de travail : une réflexion sur les incivilités // Une autre sur la qualité de l'eau (activités nautiques impactées par cyanobactéries).

 

Je ne peux pas finir sans saluer l'ensemble de l'équipe de la direction des sports pour la qualité de son investissement : je ne peux malheureusement pas saluer tout le monde, même si le cœur y est, je vais me contenter de saluer Jérôme Hurtrel, nouveau pilote de la direction dont je suis heureuse de l'arrivée dans le bateau.

 

Ma présentation touche à son terme et j'espère avoir été suffisamment convaincante pour vous donner la mesure de notre engagement pour un sport social et vertueux. Un sport qui se pratique pour le plus grand nombre et surtout au quotidien !

 

Bref, je disais en introduction que le sport n'avait pas de valeur. Cette affirmation est toujours vraie mais ne s'applique pas à notre collectivité. La politique sportive de la Loire Atlantique est riche de ses valeurs.

 

Je vous remercie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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