Face aux canicules, les Écologistes de Loire-Atlantique formulent 8 mesures d’urgence, dont le développement d’un réseau citoyen de résilience climatique
- Groupe écologiste de Loire-Atlantique

- il y a 10 heures
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Cet été, la Loire-Atlantique a subi de plein fouet les effets du dérèglement climatique : incendies, activation du niveau de crise pour l'eau potable, sécheresse record dans l'ensemble du Département, et des températures jamais vues, qui ont avoisiné les 44 degrés.
En Pays de la Loire aussi, les conséquences ont été dramatiques. Selon les estimations de Santé publique France, entre le 3 et le 22 juillet, la Région a enregistré une hausse des décès comprise entre 10 et 25 %. Ces drames ne sont pas des incidents isolés : ils sont les symptômes de l'accélération du dérèglement climatique. Et face à ces chocs climatiques, ce sont d'abord les plus vulnérables qui paient le prix fort : les personnes les plus précaires, les habitante·s des quartiers bétonnés, les personnes âgées, les personnes sans domicile...
Cet été 2026 a brutalement mis en lumière les mauvais choix politiques des dernières années et ses conséquences dramatiques : notre fragilité face à des chocs que nous aurions pu anticiper, et surtout que nous aurions dû anticiper.
Nos pompiers professionnels et volontaires, derniers remparts face au chaos, ont dû lutter avec des moyens insuffisants, tant humains que matériels, au niveau national comme local, malgré les alertes répétées faites au gouvernement par les syndicats et les départements. En parallèle, la raréfaction de la ressource en eau menace notre alimentation en eau potable et met sous tension nos agriculteurs et agricultrices notre système alimentaire tout entier.
L’inaction du gouvernement est grave et cruelle pour toutes celles et ceux qui n'ont pas pu être protégé·es. Face à cet abandon, et alors que ces crises vont se multiplier à l'avenir, nous en appelons donc à une réponse structurelle et solidaire des élu·es locaux·ales en Loire-Atlantique.
Nous, élu·es écologistes — député·es, conseiller·ères régionaux·ales, départementaux·ales, métropolitain·es et municipaux·ales — formulons 8 engagements et demandes d’urgence, afin de renforcer notre résilience collective à l'échelon local ou national, dès l'été prochain.
Pour y parvenir, nous voulons faire de l'association des citoyen·nes et de la justice sociale et climatique nos deux boussoles. Car anticiper les crises, protéger les plus vulnérables et adapter nos territoires ne sont plus des options : ce sont désormais des urgences.
Engagement n°1 : Soutenir l'adoption d'une nouvelle loi sur la protection civile, reprenant les demandes de l'inter-syndicale des pompiers professionnels et volontaires
Nous tenons tout d'abord à réaffirmer pleinement notre plein soutien à l'inter-syndicale des sapeurs-pompiers qui se battent pour obtenir les moyens nécessaires pour faire face aux enjeux du dérèglement climatique. Tant au national qu'en Loire-Atlantique, les moyens humains et matériels ont manqué : ces moyens sont prévus pour ceux du siècle passé, et les gouvernements successifs n'ont jamais pris au sérieux les nouveaux risques climatiques.
Julie Laernoes et Jean Claude Raux : "Nous pensons aux sapeurs-pompiers, à l’ensemble des acteur·ices de la sécurité civile, aux militaires, aux services publics et aux bénévoles qui, cet été, ont affronté des conditions extrêmes. Leur courage force le respect : il nous oblige aussi, nous parlementaires, à agir urgemment pour leur donner les moyens humains et financiers de faire face : plus que de simples messages de soutien, nous devons pleinement appuyer l’adoption d’une nouvelle loi réformant notre système de protection civile et son financement en prenant en compte les conclusions du Beauvau de la sécurité ainsi que la proposition de loi Regol. Donner des moyens suffisants à la sécurité civile, cela a un coût, mais qui sera toujours moins important que celui de la réparation après les catastrophes".
Engagement n°2 : Accélérer le développement d'un réseau citoyen de résilience climatique grâce aux réserves civiles communales, et développer une réserve civile climatique départementale
Nous écologistes, pensons que la prévention des risques passe nécessairement par l'association et la formation des citoyen·nes aux enjeux climatiques du siècle : l'engagement citoyen doit être une composante à part entière de la stratégie d'adaptation de la Loire-Atlantique aux risques climatiques. Nous proposons que le Département de la Loire-Atlantique, en lien avec le SDIS 44, les communes et les intercommunalités, lance une démarche départementale visant à développer largement un réseau de citoyen·nes engagé·es pour la résilience climatique.
Chloé Girardot-Moitié "Face aux méga-feux en Gironde, la réserve civile intercommunale de Bordeaux Métropole a permis de disposer de plus d'une centaine de bénévoles formé·es pour faire face à la crise et épauler nos services de secours, notamment en gérant des accueils d'urgence. Alors que les crises vont se multiplier, notre résilience collective ne peut passer que par le fait de nous coordonner et de nous former ensemble aux nouveaux risques climatiques, en été comme en hiver : développer la réserve civile climatique départementale sous la coordination du SDIS, et fédérer les réserves communales, c'est bénéficier d'un maillon supplémentaire pour notre sécurité civile, en réorganisant la solidarité entre ruraux, citadins, habitant-es du littoral ou du vignoble et rappeler notre interdépendance".
Engagement n°3 : L’été du déclic : des mesures court et long terme pour les agriculteur-ices, dont la création d’un revenu universel paysan
Alors qu’un agriculteur-ice sur sept vit sous le seuil de pauvreté en Pays de la Loire et que la profession a connu une crise majeure cet été, il est urgent de les soutenir. De nombreuses pertes ont été constatées, comme pour des maraîchers du nord du Département avec près de 20 à 30% de pertes a minima, remettant en cause la viabilité des exploitations. Nous, écologistes, réclamons la mise en place de mesures d’urgence à court terme (type PCAE* maraîchers diversifiés) pour leur permettre de mettre en œuvre les mesures d'adaptation nécessaires. Nous souhaitons enfin la mise en œuvre d’un revenu universel paysan, pour assurer sur le long terme la viabilité du travail agricole : les événements climatiques actuels, destinés à se reproduire de plus en plus, nécessitent des réponses structurelles et de long terme.
*Plan de compétitivité et d'adaptation des exploitations agricoles)
Jean-Claude Raux : « Nos agriculteur-ices sont pris en tenaille entre les pertes et les besoins d’adaptation. Par exemple les maraîchers qui proposent des systèmes résilients et soutenables, n’arrivent pas à trouver leur équilibre économique : il est urgent de les soutenir à court terme, et de remettre sur la table l’idée du revenu universel paysan. Sur le long terme, nous devons revoir notre modèle agricole pour permettre à toutes et tous de vivre de son métier : il en va du bien être psychologique de nos paysans ».
Engagement n°4 : Accélérer la sécurisation de nos approvisionnements en eau potable
Pour sécuriser notre approvisionnement, la question quantitative ne peut être dissociée de celle de la qualité de l’eau. Pour continuer à distribuer de l’eau à l’ensemble des acteurs et habitant·es d’un territoire comme le nôtre, il faut arrêter d’urgence la fuite en avant qui consiste à ne penser qu’à court-terme, à imaginer qu’il y aura toujours une solution qui nous sortira d’affaire. Assurer l’accès à l’eau potable pour toutes et tous doit nécessairement passer par sa protection à la source.
Nous continuerons de porter sans relâche l’interdiction de l’usage des produits phytosanitaires sur les aires d’alimentation de captages d’eau.
Jean-Claude Raux : « Avec l’eau potable, depuis trop longtemps, nous jouons avec le feu. Et si nous continuons, nous allons tous trinquer ! L’inaction est aussi irresponsable que coupable. Nous devons préserver et défendre le « patrimoine commun de la nation », pour les générations à venir, pour notre santé, pour nos finances publiques et nos factures d’eau. »
Engagement n°5 : Garantir un droit à la fraîcheur, dans les bâtiments comme dans l’espace public, en ruralité comme en ville
Les vagues de chaleur ne sont plus des événements exceptionnels. Garantir le droit à la fraîcheur suppose d’adapter les écoles, les crèches, les EHPAD, les logements et l’ensemble des équipements publics, mais aussi de transformer les villes et les bourgs. Nous demandons aux collectivités d’établir un diagnostic des vulnérabilités de leur territoire et d’engager une stratégie globale : rénovation des bâtiments, création d’un réseau identifiable de refuges fraîcheur, végétalisation et désimperméabilisation, parcours piétons ombragés, protection des arbres et retour de l’eau dans l’espace public. Chacune et chacun doit pouvoir trouver, à proximité de chez soi, un lieu accessible et protecteur lors des fortes chaleurs.
Marie Vitoux : "Le droit à la fraîcheur ne peut pas s’arrêter à la porte des bâtiments publics. Nous avons longtemps adapté nos villes au froid ; nous devons désormais les protéger aussi contre la chaleur. Cela passe par l’adaptation des écoles, des crèches, des EHPAD et des équipements publics mais aussi par davantage d’arbres, de végétalisation, de sols perméables, de parcours ombragés et d’eau dans la ville. À Nantes et dans la métropole, nous voulons construire un véritable réseau de refuges fraîcheur et permettre à chacune et chacun de trouver un espace protecteur à proximité. Notre priorité doit aller aux enfants, aux personnes âgées ou en situation de handicap, aux personnes précaires et aux habitantes et habitants des quartiers les plus minéraux."
Laurent Dubost : "Les canicules à répétition que nous avons tous subies, cet été, pointent avec beaucoup d'acuité les retards pris dans l'adaptation de nos bâtiments publics : la baisse des soutiens de l'Etat amputant notamment les moyens des petites et grandes collectivités pour faire face au mur d'investissement que représente l'adaptation de leurs infrastructures. Une fois les investissements programmés pour adapter nos bâtiments, et dans l'attente de leur réalisation, nous devons prendre au sérieux les solutions low-tech qui émergent et qui à moindre coût nous permettent de faire face à l'urgence (aération nocturne, voiles de protection des espaces extérieurs, brumisateur, ventilateur de plafond, volets…), le lien social et l’attention portée aux plus fragiles sont aussi des mesures d'urgence efficaces"
Engagement n°6 : Donner les moyens à tous·tes de disposer de solutions pour de se protéger face aux conséquences de la canicule
Nous soutenons la création d'un droit opposable à des protections solaires pour tous les locataires, ainsi qu'un droit à une réduction de loyer en leur absence : l'été 2026 a révélé que près d’un·e Français·e sur trois juge son logement insuffisamment isolé contre la chaleur et que de nombreux logements sont privés de volets. Nous nous engageons à soutenir les dispositifs de rénovation via le dispositif MaPrimeRenov' et à soutenir les propriétaires à faible revenu dans leurs travaux.
Julie Laernoes : "Pour leurs habitants, les bouilloires thermiques sont tout simplement invivables. Dans un contexte où les vagues de chaleur sont de plus en plus fréquentes et intenses, la présence de volets constitue un premier rempart. Notre rôle est d'inciter fortement les propriétaires ou bailleurs à en installer. La rénovation des bâtiments et l’amélioration de leur isolation constituent, elles, la véritable muraille. Il s'agit d'une véritable question d’égalité, car l’impact de ces fortes chaleurs est bien plus important pour les personnes les plus vulnérables, les plus précaires ou les plus âgées. La crise a aussi révélé la nécessité de mettre en place une trêve estivale, comme le propose ma collègue Marie-Charlotte Garin dans une proposition de loi, qui permettrait de suspendre les expulsions locatives pendant les périodes les plus chaudes."
Engagement n°7 : Enjoindre l’État de revoir son modèle d’hébergement d’urgence : été comme hiver, la rue tue
Les fortes chaleurs aggravent encore les risques auxquels sont exposées les personnes sans domicile. L’hébergement d’urgence ne peut plus être conçu uniquement comme une réponse hivernale. Nous demandons à l’État d’assurer toute l’année un nombre de places suffisant, de renforcer le 115 et les équipes de rue et d’organiser, avec les collectivités et les associations, une mise à l’abri immédiate lors des épisodes climatiques extrêmes. L’accès à l’eau potable, aux douches et à des lieux frais doit également être garanti.
Marie Vitoux : « Été comme hiver, la rue tue. Une personne sans domicile est exposée au froid, mais aussi aux canicules, à la déshydratation et à l’impossibilité de trouver un lieu frais où se protéger. On ne peut plus gérer l’hébergement d’urgence selon un calendrier saisonnier devenu totalement inadapté. Les collectivités prennent leurs responsabilités, comme Nantes l’a fait cet été en mettant à l’abri 70 personnes, principalement des femmes et des enfants. Mais l’hébergement d’urgence relève de l’État : il doit garantir, toute l’année, une solution digne à chaque personne, ainsi qu’un accès effectif à l’eau et à des espaces protecteurs. »
Engagement n°8 : Soutenir l'investissement pour un réseau ferroviaire accessible, robuste et résistant même en période de canicule
Nous demandons à l'État un plan d'investissement sur 10 ans pour un réseau ferroviaire robuste et résistant notamment face aux aléas climatiques. La Région qui a en charge les transports se doit également d'investir enfin dans de nouvelles rames pour renforcer l'offre. Cet été, les vagues de chaleurs successives ont mis le réseau et le matériel à rudes épreuves. Ce plan d'investissement pour le ferroviaire doit s'accompagner de la décarbonation des flottes de bus et cars et de tarifs attractifs.
Lucie Etonno : "L’été que nous venons de vivre confirme que des investissements sont indispensables pour offrir des alternatives à la voiture individuelle lors des vagues des chaleurs. Le service a été dégradé en raison de difficultés techniques sur les voies ferrées ou des climatisations de train en panne, les usagers pénalisés. Et dans le même temps, on incitait les Ligériens à ne pas prendre leur voiture pour des raisons de sécurité et de santé avec l’augmentation des pics de pollution. En 10 ans, seulement 2 rames ont été achetées, c’est insuffisant. La Région doit investir dans des trains, d’autres Régions le font avec des projets innovants comme le train à batterie en Occitanie et Région Sud. Ces investissements doivent être associés à des prix accessibles et attractifs, c’est le sens de notre proposition d’un Pass Fraîcheur pour faciliter l’accès aux transports lors des épisodes caniculaires."


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