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  • Photo du rédacteurUgo Bessière

En matière de logement social la main tendue de l'État reste avant tout une main invisible

Ugo Bessière réagissait à la présentation du rapport au sujet de la délégation de compétences des aides à la pierre de l’Etat. En France aujourd’hui, c’est 330 000 sans-abris, 4 millions de personnes mal logées et 15 millions de personnes touchées par la crise du logement. Le Département se retrouve de plus en plus seul dans la gestion des politiques du logement




330 000 sans-abris, 4 millions de personnes mal logées et 15 millions de personnes touchées par la crise du logement, c’est le bilan actuel de notre pays. Et nous savons tous que ce sont ces mêmes personnes qui sont touchées par la forte inflation

Mais me direz-vous cette musique on la connait, on s’y est lâchement habitué.

Tournons-nous alors vers une autre dynamique de cette crise, plus inquiétante peut-être, car elle va nourrir un sentiment d’injustice fort, affectif.

Ça y est, nous y sommes, à ce moment où l’augmentation du prix des logements et l’explosion des résidences secondaires empêchent des citoyens de vivre dans les communes où ils ont grandi !

Pour pallier à cela, ne comptons pas sur l’État, dont la main tendue reste avant tout invisible, car que se passe-t-il en matière de politique de logement ?

Et bien d’un côté, on assite à un désengagement de l’Etat : je ne reviens pas sur cette série de mesures de la loi de finances (que j’avais déjà mentionné) qui impactent directement les capacités de produire des bailleurs sociaux...

Un chiffre tout de même : en 2010, l’Etat consacrait 2,2% du PIB au logement. En 2021, c’est quasi deux fois moins. Pour 126 000 logements financés en 2016, c’est 30 000 de moins en 2022. Ils ne suffiront pas, pas besoin de vous faire un dessin, à accueillir les 2,2 millions de personnes en attente.

D’un autre côté, on assite à une montée en puissance des collectivités qui se retrouvent obligées d’assumer ce vide mais, vous l’aurez deviné, sans les moyens qui vont avec.

On le voit ici avec notre collectivité dont je salue l’effort politique, au chevet du bailleur social et sans qui les capacités à construire seraient diminuées.

Alors me direz-vous, la question suivante, logique, irrémédiable, qui vient c’est : ce modèle, à moyen terme, va-t-il tenir ?

En plus du retrait de l’Etat, les bailleurs sont soumis à des pertes d’argent liées à la RLS et à la hause cumulée de la TVA et du livret A, mais aussi à celle de l’inflation,

Le risque est là de voir se développer des modes opératoires (développement de la vente, de l’ULS, entrée d’actionnaires dans les SA), qui s’éloignent du modèle économique français fondé dès le début du XX° siècle, sur la longue durée, l’épargne populaire et la solidarité nationale

Alors que faire ? et bien s’organiser pour peser, nous mobiliser avec les acteurs du secteur pour se faire entendre

Les sénateurs écologistes ont récemment proposé de renforcer le pouvoir et l’autonomie fiscale des collectivités dans la politique du logement, notamment en renforçant les moyens des établissements publics fonciers locaux, avec la possibilité d’augmenter les taxes sur les résidences secondaires

Des moyens supplémentaires qui nous permettraient par ailleurs de construire des logements écologiques qui requièrent économies d’énergies, utilisation de biomatériaux et concepts innovants

En ce sens, nous ne pouvons qu’encourager l'effort budgétaire du Département en faveur de l’habitat social, tout en regrettant le dédouanement indécent de l’Etat









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