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  • Photo du rédacteurLouise Pahun

Retraites, climat, même combat

Louise Pahun a tenu à expliquer à l’assemblée pourquoi l’allongement de l’âge du départ à la retraite aura aussi un impact écologique fort. Le gouvernement s’enferme toujours plus dans le dogme de la croissance dont nous devons sortir pour préserver notre planète.



En quatre mois de lutte, chacune, chacun des Français.es a eu l’occasion de se faire son avis sur la réforme des retraites, en retenant l’argument ou les arguments qui lui parlait le plus.

Pour ma part, je voudrais expliquer en quoi le rallongement de l’âge de départ à la retraite est une ineptie d’un point de vue écologique. Peut-être que certains ou certaines d’entre vous ont été surpris de constater qu’on entendait dans les cortèges des slogans tels que : « retraites / climat, même combat » ou bien encore « pas de retraité sur une planète brûlée ».

Peut-être vous demandez-vous encore pourquoi on a vu dans les cortèges bon nombre d’associations et de militant.es défenseurs de l’environnement : Alternatiba, Greenpeace, les amis de la Terre ou encore la Confédération paysanne…

En fait, le lien est simple.

D’abord parce qu’il n’y a pas de politique de protection de l’environnement efficace dans une société qui ne partage pas les richesses. Le désastre écologique vient essentiellement de la surconsommation globale des ressources. Je n’invente rien, c’est écrit noir sur blanc dans les rapports du GIEC, validé par l’ONU et les états membres.

La réforme des retraites telle que proposée montre, une nouvelle fois que le gouvernement n’a pas changé de logiciel et s’enferme toujours plus dans le dogme de la croissance alors que nous savons que nous devons en sortir pour préserver notre planète.

On nous rétorque que la réforme est conduite pour préserver notre système de retraite par répartition ? Bien sûr qu’il faut préserver notre système ! Mais allons chercher l’argent chez ceux qui l’accumulent : les ultra-milliardaires (qui se sont encore enrichis depuis la crise du Covid !) ou encore dans les super-profits des entreprises. En France, en 2022, les entreprises du CAC40 ont réalisé un bénéfice net cumulé de 152 milliards d'euros (c'est 15 milliards de plus que l'année précédente!)

Cette ponction du capital c’est tout simplement le bon sens, d’autant plus que ce sont les plus riches qui polluent le plus (50% des émissions GES proviennent des activités des 10% les plus riches).

Entre la réforme des retraites et le climat, il y a un autre lien. C’est un lien qui interroge notre rapport au travail, à la production et à la consommation.

Travailler plus longtemps, c’est produire plus longtemps et consommer plus longtemps aussi. Or les crises environnementales, et notamment la crise énergétique interrogent nos modèles de production et de consommation. Un rapport du GIEC est paru le 20 mars, soit 4 jours après la dernière utilisation du 49.3 de la PM. Ce rapport n’a pas fait la une des JT, c’est le moins que l’on puisse dire.

Ce rapport nous dit dans ces grandes lignes que :

  • Les émissions mondiales de GES continuent d’augmenter

  • Les activités humaines en sont la cause

  • Environ la moitié de l’humanité vit dans un contexte de grande vulnérabilité aux événements climatiques de + en + extrêmes

  • Le changement climatique a des conséquences négatives sur nos sécurités alimentaire et d’accès à l’eau.

  • Chaque dixième de degrés d’augmentation du réchauffement a des conséquences importantes sur les dégradations des écosystèmes.

La menace est donc grave et ce rapport nous dit que pour inverser la tendance il faut diminuer rapidement, fortement et durablement nos émissions de GES.

Cela devrait être donc la priorité absolue de notre gouvernement.










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