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  • Photo du rédacteurUgo Bessière

Pour une alimentation saine et durable en Loire-Atlantique

Session budgétaire 25 juin 2024


Ugo Bessière présente le projet alimentaire et agricole départemental (PAAD) de Loire-Atlantique.




Merci Monsieur le Président, chers collègues. L'alimentation, se nourrir et se nourrir bien sans porter préjudice à la planète est aujourd'hui au cœur des préoccupations de nos concitoyens. La crise agricole a quant à elle soulevé le tapis.


Des conditions de travail indignes de celles et ceux qui nous nourrissent aujourd'hui, citoyens et professions agricoles, posent ensemble des constats simples, des questions de bon sens. Alors que 100000 fermes ont disparu en 10 ans de nos campagnes, qu'un agriculteur sur 4 est sous le seuil de pauvreté, est ce normal que l'argent public continue d'être mobilisé ? D'abord pour ceux qui en ont le moins besoin alors que la valeur ajoutée touchée par le producteur à l'achat d'un panier alimentaire est aujourd'hui de 6,5%, est ce normal que les marges de l'agroalimentaire et de la grande distribution ne cessent d'augmenter alors qu'un Français sur 10 se retrouve dans les files d'attente de l'aide alimentaire ? Qu'un Français sur 3 soit un repas, est ce normal que le pays jette chaque année 16000000 d'euros de denrées alimentaires ? Enfin alors qu'on mesure désormais chaque jour l'impact des aléas du dérèglement climatique sur la productivité des exploitations, est ce normal que 90% de notre approvisionnement dépende encore du pétrole ? Je pourrais continuer comme ça un certain temps à énumérer les talons d'Achille de notre système alimentaire, devenus, on pourrait le dire, colosse aux pieds d'argile. Et à chacun ici de se poser la question, veut on des politiques qui continuent d'accélérer ce processus de vulnérabilité en cours ou bien des politiques qui amorcent avec discernement, avec courage les changements systémiques qui s'imposent. Le sujet porte dans la société : la vérité c'est que l'alimentation s'est toujours trouvée au fondement de la légitimité du politique. Nous l'avons vite oublié. Mais les consuls, nos ancêtres, étaient choisis sur leur capacité d'assurer l'approvisionnement de leur cité.


Que sont l'ademe, la Draaf et la région ? Le niveau un étant prototypé pour des PAT émergents et au vu de notre historique, nous visons directement le niveau 2 qui se veut plus opérationnel. Au cours des 2 dernières années, nous sommes passés par toutes les étapes requises. À partir des 6 gros blocs identifiés par l'Ademe, nous avons élaboré un diagnostic.


Et je remercie particulièrement nos stagiaires, Emilien, qui est présent aujourd'hui parmi nous, et Margaux, qui ont fait un gros travail de recensement pour aboutir à ce document unique. Document dense, je peux vous le montrer. Voilà toute la donnée agricole et alimentaire du territoire dans ce document. Ce diagnostic a fait apparaître une série d'enjeux pour notre territoire qui ont été identifiés par les services du département, mais pas que.

Nous avons consulté et fait participer les PAT du territoire et plus de 60 structures, partenaires et acteurs du giron agricole et alimentaire. Qu'ils soient chaleureusement remerciés pour leur implication. Ces échanges ont débouchés sur un plan d'action qui se décline en 30 fiches actions. Ces fiches se veulent opérationnelles et pédagogiques mais aussi transversales, une forme si on veut de cartographie alimentaire du territoire, mobilisable à la fois par les acteurs du territoire et par les services du département. Voici le document des 30 fiches action, donc là c'est la première, par exemple le groupement de commande et y en a 30 comme ça qui se qui se matérialisent dans ce dans ce document. Alors rassurez vous, la journée est longue. Je ne vais pas vous citer les 30 fiches actions bien entendu, mais j'ai le temps d'illustrer au moins 4 enjeux. Certaines actions se positionnent comme remparts à la crise agricole en allant au-delà des galim dans les cantines.


En soutenant de futurs AOP comme le goal, en accompagnant les installations, la protection du foncier et la prise en charge du mal-être agricole. D'autres cherchent à répondre à l'érosion du pouvoir d'achat et à débloquer un accès plus juste à la santé. En faisant la tarification solidaire dans les collèges, en esquissant les contours de dispositifs d'accès au mieux manger pour tous, pour nos publics, par exemple en PMI ou en participant au projet de sécurité sociale alimentaire, nouveautés issues de nos travaux collectifs. Et en lien bien sûr avec la stratégie d'adaptation portée par Chloé. Le PAD se veut également un outil de résilience pour la population. À l'heure où les crises se complexifient et se multiplient, il nous faut coopérer pour réduire nos dépendances, institutionnaliser le risque alimentaire pour préparer nos populations. Tout cela, enfin, il faut le faire dans le respect absolu des limites planétaires, via le soutien à des modes de production vertueux et locaux qui prennent soin des ressources et évitent les coûts. De la maladaptation climatique via le soutien à nos élevages locaux qui préservent la trame paysagère et capte du CO2 tout en assumant une nécessaire végétalisation des assiettes, actant le grand retour des légumineuses, premier levier pour baisser nos émissions carbone. Ce nouveau document permet donc de confirmer nos engagements. Il est aussi un moyen d'entrevoir des perspectives financières pour aller plus loin. Cette labellisation pourra en effet appuyer notre candidature aux appels à projets de la future stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat qui sera copilotée par le ministère de l'Agriculture et de la souveraineté alimentaire, le ministère de la santé et des solidarités et l'ademe. Et ainsi, on l'espère, faire retomber sur le territoire des financements pour des actions concrètes. C'est d'ailleurs, et j'en terminerai par là, le principal enseignement que nous retenons de ce travail.


Les solutions au défi alimentaire ne peuvent aujourd'hui se penser sans impliquer les collectivités territoriales, tant elles émergent aussi de celles-là. Or, aujourd'hui, 2 principaux freins nous limitent alors bien sûr le manque de moyens. Des 80000 des 80000000 d'euros débloqués par le le plan de le plan de France relance en 2021 suite au COVID, il ne reste que 24000000, 25000000 d'euros en 2024. C'était un vrai moteur. On le regrette, c'est dommage. La fragmentation des compétences ensuite, sur le foncier par exemple, vous avez tous dans vos communes des exemples ou la gestion de l'eau ou les outils structurant par exemple une légumerie. L'articulation entre les différents outils et schémas de planification territoriale font terriblement défaut. Pour y remédier, il y a le rapport du sénateur marchand sur les Pat qui préconise lui aussi de faire monter les collectivités en puissance. Premièrement, reconnaître le caractère systémique du fait alimentaire et faire des Pat des outils transversaux d'une alimentation durable et résiliente. C'est l'objet aujourd'hui de cette présentation avec pourquoi pas le département comme assembler des territoires.

Deuxièmement, doter les collectivités d'une compétence alimentation pour en faire des autorités organisatrices de l'alimentation durable et résiliente. C'est déjà le cas pour l'habitat avec le PLH. C'est déjà le cas pour les mobilités avec la loi Lom. Alors pourquoi pas sur l'alimentation qui est un secteur stratégique ? Légitimer la montée en grade de notre territoire face à l'anticipation et la gestion d'un risque alimentaire avéré, Voilà pourquoi, chers collègues, il est important que nous puissions voter aujourd'hui ce plan d'action qui justifie le présent et fixe un cap pour l'avenir puisque d'aucuns ont mobilisé aujourd'hui leurs souvenirs familiaux.


Je ne peux terminer cette présentation sans évoquer les rencontres que j'ai faites sur le terrain. Elles m'ont marqué et elles m'ont fait évoluer. Je garderai le souvenir de ces échanges sincères, vivaces mais vivants, que j'ai eus dans les fermes, dans les communes, auprès des élus, dans les entreprises, auprès de l'État et de la région. Si les différentes expériences de vie font qu'on ne peut être d'accord sur tout, le sujet alimentaire m'a montré qu'il restait encore des espaces où le souci du territoire et l'intérêt des populations pouvaient résister au morcellement du vivre ensemble de notre société. J'ai enfin, cher Jean Luc, of course une pensée amicale pour le vice-président qui, tout en calmant les ardeurs de son conseiller départemental délégué , m'a surtout fait confiance et j'en suis touché.

Je crois ne rien trahir en disant que nous avons eu plaisir à défricher ensemble ce sujet complexe, mais qui mérite l'attention de toutes et tous.

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